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Et la Charente Inférieure devint Maritime …

Dans les années 1930, Paul Métadier maire de Royan souhaitait un grand développement touristique pour Royan et ses environs et jugeait l’appellation de «Charente inférieure » incompatible avec son dessein. L’élu s’est battu quinze ans en multipliant les courriers aux Maires, aux Préfets, aux Ministres. Sur ses fonds propres, il fit même imprimer une affiche expédiée à toutes les mairies du département, ainsi que des affiches de propagande :

Le temps passant sans résultat, il eut l’idée au début de 1939 de créer un nouveau tampon pour la ville de Royan comportant la mention Charente Maritime et en informa la presse régionale et nationale. La presse relata le fait et le combat du maire de Royan, ce qui eut pour conséquence que l’assemblée nationale vota en juin 1939 en faveur de l’appellation Charente Maritime. Malheureusement le 3 septembre la France et Angleterre déclaraient la guerre à l’Allemagne avant que le Sénat ne vote à son tour en faveur de « Charente Maritime ». Finalement ce sera Pétain qui signera la loi le 4 septembre 1941 qui tenait en une simple phrase : « Le département de Charente inférieure est autorisé à porter à l’avenir le nom de Charente Maritime ».

En cette période de guerre, il faudra un certain temps pour que soit effective la fabrication et la mise à disposition de nouveaux timbres à date dans l’ensemble des bureaux de Poste. L’enveloppe ci-dessus, postée à Rochefort et datée du 23 avril 1942 est la plus ancienne actuellement connue avec la mention « Charente Maritime » dans le timbre à date.

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SAINTES et les inondations du fleuve Charente

la Ville de SAINTES a toujours eu avec son fleuve un rapport intime. Tantôt lieu de promenade, de pêche, de navigation, de développement avec les gabares, tantôt synonyme de catastrophes avec les débordements du lit Majeur. La pente du fleuve étant quasi nulle jusqu’à l’océan, et les effets de la marée se faisant ressentir très à l’amont, les inondations deviennent rapidement spectaculaires, envahissant les rues basses de la Ville.

Certaines crues sont restées dans les mémoires:

– en 1882 avec une cote de 6m83,

– le 18 février1904 elle atteint la cote de 7m25,

– en 1982, la Charente arrive à la cote 6m84. cette épisode reste gravé dans les mémoires actuelles avec des travaux sur l’avenue de Saintonge afin de réhausser la route en pleine crue. les quartiers Saint-Pallais et une partie du Centre-Ville sont inondés. c’est une crue centennale;

– en janvier 1994, la crue est de nouveau de grande ampleur, elle reçoit la visite du Président de la République François Mitterand qui se rend sur les lieux accompagné du Maire Michel BARON. la carte ci-après parle d’elle-même « vous allez gauger, Mr le Président »…

et la romancière Madeleine CHAPSAL, photographiée ici rue Saint-Maur:

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Le pont à transbordeur de ROCHEFORT SUR MER

Les ponts à transbordeurs sont nés à la fin du XIX ième siècle, de la volonté de trouver une solution à la traversée des passes maritimes ou fluviales par les piétons, les charrettes et les automobiles, sans gêner la navigation des bateaux.

Ce colossal ouvrage a été imaginé par un inventeur français génial, Ferdinand ARNODIN, né en 1845 à Sainte-Foy les Lyon (Rhône) et qui créa son entreprise de construction métallique à Châteauneuf sur Loire (Loiret).

Les travaux de construction du pont à transbordeur de Rochefort sur Mer commencèrent en Mars 1898 et l’ouvrage fut livré au public le 08 Juillet 1900, pour un coût global de 586 500 francs.

Les caractéristiques de ce pont sont :

  • un poids total d’environ 700 tonnes,
  • deux doubles pylônes à chaque extrémité, d’une hauteur de 66,25m,
  • le tablier supportant la nacelle mesure 175,50 m de longueur,
  • la distance entre les piles de chaque rive est de 129 m,
  • la hauteur au-dessus de la marée est de 50 m,
  • la nacelle (ou transbordeur), servant pour le transport, mesure 14 m de long et 11,50 m de large,

La partie fixe est classée pont suspendu et la partie mobile remontée mécanique.

L’inauguration de ce pont à transbordeur eut lieu le 29 Juillet 1900.

Il fonctionna jusqu’en Février 1967 et sera remplacé par un pont à travée levante … mais c’est une autre histoire…

L’ouvrage a été classé Monument Historique le 30 Avril 1976.

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20c Napoléon III avec ou sans lauriers

En novembre 1866, un nouveau poinçon gravé en acier à l’effigie de Napoléon III la tête ceinte d’une couronne de lauriers est réceptionné par l’atelier de fabrication des timbres-poste. Cette nouvelle effigie est destinée à remplacer  celle en usage depuis 1853 pour les moyennes valeurs (10, 20, 40, 80c), auquel vient désormais s’ajouter un 30c.  En janvier 1867 le 30c est d’ailleurs le premier émis à l’effigie Laurée  suivi par le  20c lauré.

Le 20c Lauré est émis en avril 1867. Pourtant, entre mai 1867 et le 2ème semestre 1868, le 20c NON Lauré qui est censé être retiré du service continu d’être autant présent sur les correspondances que le nouveau 20c Lauré ! Le tirage du 20c est pratiquement continu et s’effectue sur deux presses. En mars 1867 débute l’impression des timbres-poste à 20c à l’effigie de l’Empereur AVEC sa couronne de Lauriers mais sur une seule presse tandis que l’on continue à imprimer des timbres-poste à 20c à l’effigie de l’Empereur SANS sa couronne de Lauriers sur la seconde presse.

Cette situation, anormale, est la conséquence d’un problème technique. La deuxième planche d’impression du 20c à l’effigie de l’Empereur AVEC sa couronne de lauriers est défectueuse. Le 20c étant le timbre le plus utilisé, l’imprimerie est contrainte d’effectuer le tirage simultané des deux types de 20c. La présence de deux types de 20c n’ayant pas d’incidence postale, la priorité est donnée aux nouveaux 10c et le 80c à l’effigie Laurée  qui sont  émis fin 1867. Ce n’est qu’à partir de fin mai 1868 qu’une deuxième planche d’impression du 20c Lauré est enfin mise en service et que les deux presses impriment uniquement  des 20c à l’effigie Laurée.

C’est qu’ainsi que pendant plus d’un an les bureaux de poste reçoivent  et vendent indifféremment des timbres-poste à 20c à l’effigie de Napoléon III tête nue ou tête couronnée.

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Interruption temporaire de relations postales

Maréchal me voilà…C’est ce qu’aurait pu se dire cette enveloppe oblitérée le 21 août 1940, après avoir été glissée dans la boite aux lettres du bureau de poste de Matha.

Des milliers de correspondances ont été adressées à Pétain et le timbre-poste au type Iris est celui de la lettre ordinaire. De là à déduire que cette enveloppe ne présente aucun intérêt il n’y a qu’un pas. Mais il serait dommage de le franchir car cette enveloppe a été postée durant la courte période de blocage total du courrier  imposé par l’occupant et si à cela on ajoute des erreurs postales, certes mineures, faites sur son recto et son verso, nous avons là un document témoin actif de l’histoire.

Le 14 juin 1940, Paris est occupé, le 22 juin 1940 l’armistice est signé, le 4 juillet la France est coupée en deux zones. Pour renforcer la surveillance du courrier entre les deux zones, l’occupant exige que chaque zone dispose de son propre timbre-poste pour les envois au 1er échelon de poids (lettre jusqu’à 20 grammes). Le timbre d’usage courant étant le type Iris à 1 franc 50 vert, l’occupant impose le rouge pour la zone occupée et le vert demeurant pour la zone libre.

Le 1er août, sans préavis, l’occupant suspend les relations postales entre les deux zones. Finalement,  les relations interzones ne seront rétablies que le 26 septembre, mais uniquement autorisées sous la forme d’un entier-carte postale ( un coté adresse, un coté correspondance). La commune de Matha, comme toute la Charente inférieure se retrouve en zone occupée alors que Vichy est en zone libre, et le 21 août 1940 l’enveloppe et son contenu  ne pourront pas atteindre leur destination.

Toute la population a très rapidement été informée de cette frontière intérieure et de sa fermeture.

Postée trois semaines après le blocage du courrier entre les deux zones, il semble que l’expéditeur de cette correspondance était quelque peu naïf de croire qu’elle serait admise du fait de l’importance du destinataire.

Particularités de l’enveloppe :

La présence d’un timbre-poste au Type Iris de couleur verte est normale car c’était le timbre d’usage courant en service depuis fin 1939. (Le timbre au type Iris rouge destiné à la zone occupée ne sera émis que le 25 janvier  1941).

Les lettres destinées au chef de l’Etat devaient être affranchies. La recommandation était obligatoire mais gratuite d’où l’erreur du postier qui a apposé la griffe « Chargé » au lieu de coller une étiquette de recommandation.

L’inscription « Zone libre non conforme » était l’expression conventionnelle, par contre « ouvert par erreur » n’a pas sa raison d’être. Une correspondance ne pouvant pas parvenir à son destinataire devait être retournée à son expéditeur. Celui-ci n’ayant pas indiqué ses coordonnées, l’enveloppe, elle a normalement été ouverte pour tenter de trouver le nom de l’expéditeur sur la lettre elle-même. Quant à la marque en forme de losange au verso, c’est une marque de recherche de l’expéditeur.

Cette simple enveloppe avec ses inscriptions au crayon gras est certes peu esthétique, mais le fait d’avoir  été postée durant la courte période où la France était coupée en deux par une frontière hermétique la transforme en un document peu courant.